Article du monde sur la guerre des castes au Rajasthan

Publié le par Annick et Jérôme

Je  vous signale un excellent article du monde daté du  9 juillet, qui s'intitule  "guerre de castes au Rajasthan". L'article porte sur les événements du mois dernier que nous avons relatés dans le blog.
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Publié dans Notes de lecture

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J'ai vu la semaine dernière une très bonne exposition de photos de Fazal Sheikh à la Fondation Cartier Bresson. L'intérêt du travail de ce photographe et qu'il accompagne chacune de ses photos d'un texte, court récit de la vie des femmes photographiées. A travers tous ces documents, on peut reconstruire l'histoire de ces femmes violentées, chassées vers la misère absolue et qui se retrouvent dans une ville sainte  - Vrindavan - dans le nord de l'Inde, devenue un refuge pour les veuves indiennes dépossédées de tout, rejetées par leur famile,sans aucun droit. Dans ce lieu elles consacrent leur vie à Krishna et renoncent à tout espoir de bonheur sur terre. Pour chacune de ces femmes , on peut lire un récit toujours bouleversant et cruel, par exemple celui de cette jeune femme mariée avec un enfant, qui raconte à son mari qu'elle s'est fait violée par leur voisin : le mari la chasse, puis ému par sa détresse la reprend mais c'est la belle famille qui l'oblige à la chasser. Elle ne reverra jamais son fils et se retrouvera à Vrindavan, ayant tout perdu. Autre récit : une petite fille de 5 ans est mariée à un enfant de 8 ans. Le mariage n'est évidemment pas "consommé", mais le petite garçon meure d'une maladie infectieuse. Aussitôt la belle famille accuse la petite fille d'être responsable de cette mort, de lui avoir porté malheur et donc la chasse. Elle sait qu'elle ne pourra plus jamais se marrier, réduite à la plus grande pauvreté et se retrouve pour le restant de ses jours à Vrindavan. Ce qui est le plus tragique c'est que cette petite fille de 5 ans accepte par sa culture sa "culpabilité" et se soumet à son sort. Toutes les photos sont accompagnées de récits tous aussi durs. Ce qui m'a le plus étonnée, c'est que dans leur témoignage, ces femmes n'expriment aucun reproche à l'encontre des hommes responsables. Le poids de la culture est tel qu'elles  semblent se soumettre complètement. Sur leur visage, on ne peut lire qu'une résignation terrible et insoutenable. Ce reportage ne dit rien du nombre réel de femmes soumises à ces violences, mais le renoncement de leurs visages en dit long sur le sort des femmes en Inde.
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